Rivalités intérieures dont on tombe amoureux Ivo Sasek
Circulaire – Juillet 2026

Ivo Sasek - Rivalités intérieures dont on tombe amoureux

     J’étais plongé dans la traduction de l’I-VO et Jonas 4:10 ne faisait malheureusement pas partie de mes traductions. Pourtant, cette lecture de mon culte personnel suscitait en moi une douce rivalité. J’aurais bien aimé prêcher sur le thème du « fils d’une nuit ». Car c’est ainsi que Dieu appelait le ricin dans l’histoire de Jonas : « Tu te lamentes sur le ricin (…) qui est né comme fils d’une nuit[1] et qui a péri en une nuit. »

     Il existe tant d’interprétations, de voies et de processus laborieux autour de la traduction du mot « fils ». Et pourtant, celui-ci occupe une place im­portante dans la Bible. Il suffit de penser au « Fils de Dieu ». Dieu a-t-Il vraiment un fils ? Le christianisme insiste sur ce point, tandis que l’islam et bien d’autres s’y opposent. Depuis plus de 2 500 ans, Jonas 4:10 met en évidence avec délicatesse toute la richesse de ce concept biblique. On pourrait donc tout aussi bien débattre de la question suivante : La nuit a-t-elle un fils ? Et le simple d’esprit pourrait insister : « Oui, c’est écrit ici, lis-le de tes propres yeux ! » Mais toute personne un peu réfléchie compren­drait aussitôt que le terme « fils » dans la Bible ne doit pas toujours être pris au sens littéral et encore moins avec une signification unique. Après avoir longuement parlé de Son Père céleste et de Lui-même en tant que Fils, Jésus a déclaré en Jean 16:25 :

     « Je vous ai dit ces choses par des similitudes : l’heure vient où je ne vous parlerai plus par similitude, mais je vous parlerai ouvertement du père. » Jésus Lui-même utilisait donc les termes Fils et Père avant tout de manière symbolique et selon la nature du mot.

     Mais arrêtons avec cette première douce rivalité et revenons à ma véritable « histoire d’amour » lors de ma récente traduction de l’I-VO :

     Comme je travaille simultanément avec douze dictionnaires du grec ancien, et ce pendant des heures chaque jour, cela ressemble à un marathon littéraire et spirituel. Et comme il faut une concentration absolue pour tirer de chaque construction de phrase la profondeur de révélation de l’Esprit nécessaire à ce moment-là, j’élabore l’I-VO en dehors de notre « ruche au front », c’est-à-dire de Walzenhausen.

     Or, lors de ma dernière relecture, il se trouve que dans l’appartement situé au-dessus de ce bureau où je travaille, il y avait toute la journée un bruit assourdissant. La musique était à fond, si bien que j’aurais tout aussi bien pu travailler au milieu d’un bazar turc. Comme cette tâche exigeait une concentration maximale, au bout de peu de temps mes nerfs avaient une fois de plus atteint leurs limites. J’échouais dans toutes mes tentatives d’ignorer non seulement cette musique assourdissante mais aussi le bavar­dage incessant et encore plus bruyant de plusieurs hommes. Que je le veuille ou non, mon cœur battait de plus en plus fort, à mon grand désarroi. Lorsque le bruit a commencé à s’atténuer vers 22 h 30, je suis allé me coucher. Mais, une fois de plus, il n’était pas question de dormir, j’étais bien trop épuisé pour cela. Je ne voulais plus non plus sortir pour prier car il pleuvait des cordes et j’avais, toute la journée déjà, accompagné ma traduction de prières constantes. Une fois de plus, quelque peu humilié, j’ai donc pris un somnifère pour m’aider. Mais comme les remèdes et les aides humaines ne peuvent jamais résoudre la racine d’un problème, je me suis réveillé tôt le matin avec le ventre tout retourné, l’âme à vif et l’esprit com­plètement épuisé. J’ai donc, comme d’habitude, prêté attention à l’action de l’Esprit de Jésus-Christ en moi, pour voir ce qu’Il allait faire.

     Sa première intervention a consisté à me conseiller intérieurement de lâcher prise et de me débarrasser de toute la colère que j’avais refoulée. Une certaine rébellion s’était en effet insinuée en moi lorsque cette horde, à mes yeux, sauvage, a jeté ses canettes de bière par la fenêtre au lieu de les mettre à la poubelle. Cela donnait en effet l’impression que c’était moi qui les avais jetées par la fenêtre de mon bureau. Pour surmonter cette frustration, j’avais toutefois décidé, la veille, d’agir par amour : je suis allé ramasser tous ces déchets et les ai apportés au recyclage. Je dois avouer qu’au premier abord j’avais été tenté de rejeter sans ménagement ces canettes de bière vides sur leur balcon, comme pour leur envoyer un message – mais d’une certaine manière, l’amour de Dieu m’a poussé à préférer le recyclage.

     Je me suis donc assis là, pendant mon culte personnel, et j’ai commencé à rendre grâce à Dieu. Puis j’ai déclaré : « Aujourd’hui, je vais continuer à travailler sereinement malgré ce bruit et poursuivre le développement de la traduction I-VO sans aucune résistance intérieure. » À peine avais-je commencé à travailler que cette musique assourdissante a de nouveau retenti. Et aussitôt, j’ai senti que ma disposition intérieure à « me plonger », pour ainsi dire, dans ce bruit en toute sérénité, commençait réellement à porter ses fruits. En effet, Dieu m’avait révélé au cours de ces heures de la nuit que, grâce à l’Esprit, on peut garder le contrôle en toute sérénité, même au milieu de circonstances aussi défavorables. À l’inverse, avec un mauvais état d’esprit on peut se ronger de l’intérieur, même dans le silence le plus profond. C’est ainsi que j’ai travaillé sur plusieurs versets pendant les premières heures de cette nouvelle journée, malgré la musique assour­dissante. Peu avant midi, lorsque je me suis rendu compte que, une fois de plus, je n’avais pas pris la moindre pause, j’ai décidé de rattraper cela immédiatement. Mais alors que je quittais mon bureau, le Saint-Esprit s’est remis à agir en moi. Habitué à faire ce que je vois faire le Père, je me suis vu monter l’escalier, sonner à la porte de ces faiseurs de trouble et dire ce que j’allais leur dire. Je me sentais parfaitement serein et prêt à essuyer une rebuffade. À ce moment-là, il était clair que même une telle rebuffade ne me ferait pas dévier de ma route car j’avais déjà trouvé le chemin qui me permettait de demeurer en Christ.

     Je me tenais donc devant la porte et j’ai appuyé sur la sonnette. Mais la musique était si forte que le son de la sonnette s’y noyait littéralement. J’ai donc dû attendre un passage musical un peu plus calme, puis j’ai appuyé rapidement sur le bouton à plusieurs reprises. Après une longue attente, la porte s’est enfin ouverte et un homme imposant aux cheveux noirs était devant moi. Après avoir compris qu’il parlait un allemand approximatif, j’ai prononcé les mots tels que je les avais vus et entendus « à l’avance », et j’ai dit : « Vous savez, j’adore cette musique (ce qui était vrai), mais elle est tellement forte que j’ai du mal à travailler là-dessous. » À ce moment-là, je ne savais pas si ce colosse allait me tabasser ou me chasser comme le diable.

     La chose la plus étonnante s’est produite : ce musulman s’est immé­diatement excusé très chaleureusement, puis a commencé à expliquer, en larmes, que sa mère bien-aimée venait de le quitter. Alors, l’Esprit d’amour de Dieu s’est posé sur nous, si bien que j’ai pu serrer cet homme en deuil dans mes bras et lui dire à quel point j’étais désolé. Pendant que cet inconnu pleurait et sanglotait, je l’ai réconforté en lui disant que l’amour demeure et que Dieu l’aidera à surmonter cette douleur. Je lui ai également assuré que je prierais pour lui.

     La phrase suivante qui est sortie de sa bouche était :« Tu peux venir me voir à tout moment, 24 heures sur 24, si tu as besoin de quoi que ce soit. » Il m’a ensuite proposé un café, que j’ai toutefois décliné avec gratitude compte tenu de la mission que j’étais en train d’accomplir. Alors qu’il me proposait, les yeux brillants, de n’écouter de la musique qu’avec des écouteurs, j’ai dû le convaincre qu’un volume un peu plus faible suffirait amplement. Une atmosphère céleste de paix et d’unité était palpable.

     C’est ainsi que j’ai entamé la pause que j’avais prévue et que j’ai re­mercié le Seigneur pour cette expérience qui m’a semblé être la plus belle de mon séjour sur le lieu de traduction. En retournant vers mon bureau, j’ai ramassé une autre bouteille de bière vide sur le seuil pour la jeter. Entre-temps Dieu m’avait fait comprendre que les gens gèrent leurs problèmes de manière très différente. Ce pauvre bougre essayait, avec ses collègues ou peut-être des membres de sa famille, de noyer son chagrin dans l’alcool. Et nous savons tous ce que c’est, quand le désespoir se transforme en colère et vient remplacer le sentiment de perte. Ces hommes ont donné libre cours à leur désespoir en jetant par la fenêtre, avec frustration, des bouteilles vides et des canettes de bière. Mais il ne s’agissait pas d’une « méchanceté pri­mitive envers les étrangers » ni de tout ce que le diable nous met dans la tête quand nous sommes confrontés à de tels scénarios. Non, c’était une expression de désespoir, et le fait de parler très fort n’était dans ce cas qu’une tentative de couvrir la douleur de la perte avec de la musique forte et des divertissements incessants.

     Toujours sous le coup de cette joie intense, j’ai soudain entendu à nou­veau cette même musique assourdissante. Dans un premier temps je me suis figé et je me suis demandé si je n’avais pas été victime d’une mauvaise blague de la part d’un type malveillant. Cela m’aurait profondément irrité car la gloire de Dieu avait envahi tout l’espace. Mais moins d’une demi-minute plus tard, une discussion animée a éclaté dans l’appartement du dessus. Ses colocataires étaient rentrés et avaient remis la musique à fond, comme avant. Mais aussitôt, l’homme en deuil est intervenu et a insisté auprès d’eux jusqu’à ce que la musique soit à nouveau coupée. Ce fut un baume pour mon âme ; non seulement parce que le calme était revenu, mais aussi parce que la situation avait complètement changé. Une fois de plus, j’ai pris conscience du nombre de musulmans précieux que j’ai eu la chance de rencontrer au cours de ma vie. Précieux parce que leurs cœurs sont attirés par la justice lorsqu’elle se manifeste ; parce qu’ils savent écouter lorsqu’on s’adresse à eux avec un amour sincère ; parce qu’ils sont bien plus disposés à se remettre en question que la plupart des chrétiens qui ont croisé mon chemin – pour ne pas dire qui m’ont crucifié. Bien sûr, comme toujours, cette disposition à la correction que je viens de louer ne s’applique pas à tous les musulmans. Comme on le sait, il existe des grandes exceptions non seulement parmi eux, mais aussi dans toutes les religions ou tous les groupes de personnes, jusqu’aux terroristes. Dans l’ensemble, cependant, cette expérience a ravivé mon amour pour mes frères musulmans et renforcé ma détermination à présenter plus que jamais, à ces personnes éprises de justice, leur Dieu comme un père aimant et un ami fidèle. Car c’est avant tout l’arrogance constante de l’orthodoxie judéo-chrétienne, dans son attitude de parvis, spirituellement immature, qui a poussé les musulmans à se mettre sur la défensive.

     Pourtant, Mahomet s’est avant tout attaché à rétablir la soumission à la volonté de Dieu (islam = soumission). Il a également insisté sur l’égalité de tous les êtres humains devant Dieu et sur le rejet de la mentalité tribale. De même, il a ravivé le sens de la justice sociale, appelant à un soutien renouvelé envers les pauvres et à l’interdiction de l’exploitation. Avec son message de bonté et de miséricorde, de compassion pour tous les êtres vi­vants et de croyance au Jugement dernier, il appelait justement un monde en décomposition à assumer une nouvelle responsabilité pour chacun de ses actes, tandis qu’un christianisme depuis longtemps sécularisé lui lançait au visage, avec son évangile de la grâce bon marché, la menace de la dam­nation. Mais toutes ces attaques verbales ne parvinrent pas à vaincre ce combattant de la justice. C’est surtout en traînant Mahomet dans la boue de manière si humiliante que les juifs et les chrétiens se sont montrés arro­gants, alors que celui-ci cherchait justement à transformer toute forme de débauche mondaine et d’orthodoxie pieuse en une véritable droiture pieuse. Si sa mission de l’époque avait été comprise seulement en partie, on l’aurait sans doute d’abord encouragé dans ses efforts louables, au lieu de l’insulter avec une piété ignorante. Si on avait su leur témoigner une véritable estime, on aurait certainement pu faire comprendre à tous ces musulmans effrayés et épuisés ce message réconfortant : malgré toute la sévérité nécessaire, leur Dieu est avant tout un Père aimant qui souhaite Se réaliser et S’épanouir à travers chaque être humain sous ce ciel. Et parce que ce Dieu souhaite concrétiser à travers nous tant de qualités, de traits de caractère, de vertus et de traits de personnalité merveilleux, Il a besoin de légions entières de prophètes et de modèles, mais aussi de siècles entiers pour nous les faire connaître à tous.

     C’est ainsi qu’en 1800 avant J.-C., Dieu S’est révélé, par l’intermédiaire de notre ancêtre commun Abraham, sous le nom d’El Shaddaï, « Celui qui pourvoit à tout ». Dès le XVe siècle avant J.-C., Dieu cherchait, par l’inter­médiaire de prophètes hindous, à faire prendre conscience de Sa présence en chaque être humain, afin de donner une forme concrète à toutes sortes de principes éthiques et de devoirs, et ce dans le contexte des ordres cos­miques (Dharma). J’entends déjà le reproche : « Ivo, qu’est-ce que tu ra­contes ? Ce ne sont tous que des idolâtres, tu donnes ainsi une voix au polythéisme. » Non, ce n’est pas le cas. Je me conforme simplement à la consigne apostolique de 1 Th 5:21 :« Examinez tout et retenez ce qui est bon ! » Cette consigne s’applique en effet à tous les hommes. Mais « Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Et ils ont tué ceux qui ont prédit la venue du Juste… » (Ac7:52).

     Par l’intermédiaire des prophètes hindous, Dieu a également fait prendre conscience à l’humanité (Moksha) des lois du karma, c’est-à-dire des lois de cause à effet, des liens entre la naissance et la renaissance, mais aussi de l’acceptation des différents chemins menant à la maturité spirituelle et du respect envers tous les êtres vivants et la nature.

     Au XIIIe siècle avant J.-C., sous le nom de Yahvé, Dieu nous a alors fait découvrir, par l’intermédiaire de Son serviteur et messager Moïse, Sa nature liée à des principes de lois. Par son intermédiaire, Il a appelé au respect des commandements divins, à la morale et à la justice divines, jusqu’à la res­ponsabilité envers les pauvres et les opprimés. Mais il a également ancré le caractère unique de Dieu dans ce qu’on appelle le monothéisme.

     Au Ve siècle avant J.-C., Bouddha a appelé à se détacher volontaire­ment de toutes sortes d’attachements, de désirs et d’illusions. Il a souligné le caractère purificateur de la souffrance afin de contrer l’imperfection inhérente à la nature humaine. Il a introduit dans la conscience des hommes l’illumination comme moyen de surmonter la souffrance. Il a appelé à la compassion universelle, à l’empathie envers tous les êtres vivants, et ce, dans une attention constante et une perception consciente de ce qui se passe ici et maintenant.

     Au Ve siècle avant J.-C. également, Dieu a œuvré, par l’intermédiaire du Chinois Confucius, à l’harmonie sociale, au respect mutuel, tout en en­courageant la participation active à toutes sortes de devoirs, de rituels et à l’éducation nécessaire. Il a encouragé la société à cultiver librement ses connaissances et son caractère. Ce faisant, il a glorifié la famille comme le noyau de la société, a enseigné à honorer dignement les ancêtres et il a dé­fendu avec persévérance la morale, l’intégrité, l’honnêteté et la justice.

     Plus tard, le sikhisme a placé au centre de ses préoccupations un Dieu unique qui ne connaît ni castes, ni religions, ni frontières. Lui aussi mettait l’accent sur le service social, l’amour du prochain et l’égalité de tous les êtres humains, ce qui allait à l’encontre de toutes les formes de discrimi­nation de l’époque. Il prônait une vie marquée par l’honnêteté, la sincérité et le respect des principes divins, dans une paix et une harmonie non violentes.

     Au cours de ces mêmes siècles, Dieu a également appelé, par le biais du zoroastrisme (Zoroastre), à la paix universelle, à la non-violence et à l’harmonie. Mais aussi au respect de la nature et de l’environnement. Il a remis au premier plan le dualisme – la lutte entre le Bien (Ahura Mazda) et le Mal (Angra Mainyu) – et, avec lui, notre responsabilité morale et la croyance en un Jugement dernier. Il s’opposait par là à toute croyance passive en le destin et mettait l’accent sur la liberté de choix de chacun, mais aussi sur la responsabilité de chacun. Par l’intermédiaire de Zoroastre, Dieu a annoncé le triomphe certain du bien sur le mal. On pourrait citer ici bien d’autres messagers de Dieu, mais les exemples cités suffisent.

     En tant que Logos incarné, Dieu S’est finalement révélé, par Jésus-Christ, comme un Père aimant et bienveillant pour tous.

     Au VIIe siècle après Jésus-Christ, afin de rétablir l’amour et la justice de Dieu qui avaient été trahis – c’est-à-dire en raison de la résurgence de conditions barbares, dépourvues d’esprit et catastrophiques –, Il a dû ré­tablir, par l’intermédiaire de Mahomet, l’irrévocabilité des lois punitives. Malgré toute la sévérité qui s’imposait à nouveau à l’époque, Mahomet n’a pas manqué de diriger les gens vers Jésus-Christ, afin que Son message originel soit pris au sérieux. Les musulmans, tout comme nous, membres de l’OCG, ont opposé une résistance inébranlable avant tout aux loups dé­guisés en agneaux sous une apparence chrétienne, aux théologiens diabo­liques adeptes de la censure et de la falsification, mais pas au message originel de Jésus.

     Sourate Al-Imran 3:84 :« Dis :« Nous croyons en Allah, en ce qui nous a été révélé, en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les tribus, ainsi qu’en ce qui a été donné à Moïse, à Jésus et aux prophètes par leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux, et c’est à Lui que nous nous soumettons. »

     C’est ainsi que les attributs divins que sont l’amour inconditionnel, la bonté et la miséricorde, voire Sa véritable nature paternelle, ont été indirec­tement remis à l’honneur. Mais la barbarie implacable de la situation a imposé une rigueur sans faille et l’application de lois immuables.

     Au lieu de nous concentrer sur les messages fondamentaux de chacun des messagers de Dieu, nous nous sommes donc de plus en plus disputés au sujet des messagers eux-mêmes. Et au fil de toutes ces discussions, portant par exemple sur leur légitimité et autres questions similaires, nous sommes tombés de plus en plus dans l’orthodoxie et l’arrogance. Nous avons ainsi complètement perdu de vue le fait que Dieu S’est toujours principalement soucié de notre accomplissement quant à faire ce qui est justice et non seulement quant à croire de façon juste. Jésus voulait bien sûr revenir ensuite vers les musulmans pour leur révéler l’Esprit de Dieu et les perfections du Père céleste en eux.

     En effet, à part Jésus, aucun prophète n’est jamais venu révéler Dieu comme un Père aussi plein d’amour. C’est ce qui caractérise Jésus d’une manière tout à fait particulière. C’est surtout pour cette raison que Jésus a dit que personne ne s’approche du Père si ce n’est par Lui. Oui, Il était le seul à nous encourager à oser nous approcher de Dieu en tant que Père aimant, parce qu’Il L’avait vraiment connu et reconnu comme Père et parce qu’Il était venu dans la chair humaine directement issu du Père. Au lieu de nous disputer avec les musulmans pour savoir si Jésus est ou non le Fils de Dieu, nous devrions leur ouvrir les yeux sur l’amour du Père céleste – qui est en eux – avec toutes Ses perfections, Ses vertus et Ses forces. Et je suis fermement convaincu que, si nous vivons et parlons en nous inspirant de Dieu avec la bonne attitude du cœur, les musulmans seront les premiers, parmi toutes les religions non chrétiennes, à ajouter à leur amour pour la vérité l’amour du Père céleste et du Dieu des perfections qui habite éga­lement en eux.

     En résumé, je tiens donc à rappeler une fois de plus que non seulement Dieu vit en chaque être humain, mais qu’Il S’est également adressé à l’humanité à travers toutes les cultures et tous les contextes. Nous aurions dû accepter d’eux tout ce qu’il y avait de bon et d’actuel.

     Jésus nous a donné la force d’aimer notre prochain, jusqu’à aimer nos ennemis, et la disposition inconditionnelle au pardon. Il a révélé que tous ceux à qui Dieu ne S’est jamais adressé sont des « fils de Dieu » (Jn 10:33-37)[2] et, par Ses messages, Il a avant tout œuvré pour que nous comprenions que nos corps sont le temple du Dieu vivant, afin que le Créateur du ciel et de la terre puisse enfin vivre en nous et à travers nous. Jésus a révélé la valeur de chaque être humain en tant que partie intégrante d’un organisme, et par là même le sens profond du pardon, de la miséricorde et de toute nouvelle chance possible, et bien d’autres choses encore. Jusqu’à Sa résur­rection et à Sa victoire sur la mort, Il nous a apporté un espoir légitime.

     Par Jésus, Ses douze apôtres et l’apôtre des nations Paul, Dieu a en quelque sorte rassemblé toutes les prophéties de tous les temps, en nous appelant à renaître dans l’Esprit, à revêtir la nature divine et à incarner en nous les perfections du Père céleste. C’est donc à ces voix que nous devons avant tout prêter l’oreille et incarner leur message à travers nous-mêmes – ici et maintenant !

     Mt 5:48 : Jésus-Christ : « Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »

     Co 2:9-10 : « Car en lui habite toute la plénitude de la déité cor­porellement, et vous êtes accomplis en lui, qui est le chef de toute principauté et autorité. 

     Ph 3:21: « Lui qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire, selon l’opération de ce pouvoir qu’il a de s’assujettir même toutes choses. »

     A présent je vous bénis, avec gratitude, pour tout ce que vous êtes pour nous en Dieu ! Nous vous aimons. N’ayez pas de rivalités, et si cela devait quand même être, que ce ne soient que des rivalités à en tomber amoureux !

Ivo

 

[1] Littéralement « Fils d’une nuit » dans certaines traductions

[2] « Les Juifs lui répondirent : Nous ne te lapidons pas pour une bonne œuvre, mais pour blas­phème ; et parce que toi, étant homme, tu te fais Dieu. Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi : « Moi j’ai dit : Vous êtes des dieux ? » Et s’il appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu est venue (et l’écriture ne peut être anéantie), dites-vous à celui que le Père a sanctifié, et qu’il a envoyé dans le monde : Tu blasphème, parce que j’ai dit : Je suis le fils de Dieu ? Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ! »

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